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Les nouvelles compétences à l'ère digitale

par Ben Gilchriest

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Les nouvelles compétences à l'ère digitale

Les compétences nécessaires à la réussite ont changé

Il y a cinq ans, il était avant-gardiste d’avoir « médias sociaux » dans le titre de sa fonction. Mais ça n'a pas duré longtemps. Pendant que les entreprises travaillaient à construire leurs équipes, le nombre d’annonces de postes dans les médias sociaux a augmenté de façon exponentielle. Puis, en 2012, le marché a commencé à se tarir. Cela n’a toutefois pas marqué la fin des besoins ; la baisse de ces titres de poste a été compensée par une augmentation de la demande en compétences « médias sociaux » dans d'autres fonctions. En seulement cinq ans, les médias sociaux sont passés du statut de fonction à celui de compétence requise.

Travailler à l'ère digitale exige également un nouvel ensemble de compétences. Des compétences souvent discordantes par rapport à la façon dont nous avons été appelés à travailler par le passé. Certains rapports estiment également que près de la moitié de l’ensemble des emplois actuels seront automatisés dans les 20 prochaines années, modifiant au passage la nature même du travail exercé. D’une manière générale, il est clair que le type de compétences nécessaires pour réussir continuera à évoluer de façon significative.


Sommes-nous prêts ?

Clairement, non, si l’on considère les changements majeurs nécessaires à de multiples niveaux.

  1. L’éducation et le système d'apprentissage. La façon dont nous sommes éduqués est basée sur un système de l'ère industrielle, l’apprentissage par cœur, la qualification et le classement centrés sur le stockage des connaissances et la mémoire. C’est une contradiction par rapport à ce que l'ère digitale exige, où l'accent est mis sur la localisation, l'évaluation, et la représentation rapide des nouvelles informations (voir la vidéo de Sir Ken Robinson et Shifting Thinking for more).
  2. L'investissement des entreprises. Alors que 90% des entreprises reconnaissent qu'elles manquent des compétences digitales requises, seulement 46% investissent dans leur développement. Et même là où elles investissent, elles ont tant du mal à suivre – les formations en classe étant très chronophages – que les programmes sont souvent dépassés avant d’être enseignés.
  3. La réflexion individuelle. Nous sommes les produits d'un système d'éducation de l'ère industrielle (voir point 1), et souvent, nous ne sommes pas capables de penser de façon adéquate pour l'ère digitale. Même les générations censées posséder cette façon de penser – la Génération Y et Z – ne disposent pas des compétences digitales nécessaires.


Préparer les pays, les entreprises, et nous

Le rôle des gouvernements dans la refonte du système d'éducation des générations futures est clair. Et un travail efficace a été fait dans certains pays, comme par exemple, le Closer Economic Relations (CER) en Nouvelle-Zélande, et la Science Education Week aux États-Unis. Cependant, il faut beaucoup plus et, comme le souligne The Economist, « aucun pays n’est prêt ».

Les entreprises ont aussi un rôle à jouer en investissant dans le perfectionnement des collaborateurs. Cela ne signifie pas cependant une formation formelle. Des approches plus novatrices sont nécessaires. Par exemple, les échanges de collaborateurs avec des entreprises digitales, des partenariats avec des start-ups, ou des programmes de mentorat inversé où les diplômés enseignent le digital aux directions générales.

Et enfin, ce que nous contrôlons le plus directement, l'action individuelle. Soit en mettant en œuvre tout ce qui vient d’être décrit ci-dessus, soit en développant ses propres compétences. Par exemple :

  1. Apprenez à coder. Bien que ce ne soit pas une exigence absolue, cela vous apportera une nouvelle vision dans la manière de résoudre les problèmes et vous fournira une compréhension significative des fondamentaux de la technologie.
  2. Lisez et explorez. Pas seulement pour accumuler des connaissances, mais pour comprendre plus précisément ce que c’est de travailler à l'ère digitale.
  3. Collaborez avec une start-up (ou lancez la vôtre). La différence des approches sera pour vous une expérience didactique sans pareille.
  4. Le travail collaboratif. Les espaces de co-working sont facilement disponibles et à bas coût. Vous en apprendrez beaucoup sur la façon de travailler à l’ère digitale en passant du temps avec les résidents (organisez-vous de façon à être là les jours de pitch pour avoir des feedbacks sur vos idées et projets).
  5. L’expérience. Essayez-vous à un projet digital pour appliquer et vous exercer sur ce que vous avez appris. Vous pouvez le faire sur une petite échelle, sans risque, et en tirer quelque chose. Par exemple, nous lançons souvent des projets digitaux expérimentaux de deux semaines pour tester des idées et faire évoluer notre compréhension.

Il y a quelques années, quelqu'un m'a décrit ce que cela signifiait de parvenir à une réelle compréhension des façons de travailler de l’ère digitale : « C’est comme traverser la frontière d’un nouveau pays. J’avais lu le guide de voyage auparavant, mais il a fallu que j’y aille pour pouvoir comprendre vraiment ». La théorie, c’est bien. Mais la pratique est beaucoup plus importante. Lisez par tous les moyens, mais surtout, essayez quelque chose de différent.


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