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Comment piloter sa trajectoire professionnelle

par Sylvie Protassieff

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Comment piloter sa trajectoire professionnelle

Nous avons rencontré pour la deuxième fois Sylvie Protassieff, Consultante et psychologue psychanalyste, mais également auteur du livre  « Le Marketing de soi », publié le 23 janvier par les éditions Eyrolles.

Le Marketing de Soi

Sylvie nous explique, selon elle, comment bien piloter sa trajectoire professionnelle et être l’acteur de sa carrière.


Vous parlez de gérer sa trajectoire professionnelle. On a plutôt le sentiment que chacun y est balloté, au gré des crises, des modes, des plans sociaux …

Gérer sa trajectoire professionnelle, c’est devenir acteur de ses choix professionnels. Une partie d’entre nous démarre dans la vie active en faisant des choix par défaut. Bien sûr, nous connaissons tous des personnes qui ont voulu être informaticiens, commerciaux, juristes, chefs d’entreprise et qui le sont devenus. Mais pour beaucoup, nos premiers choix sont souvent le fruit d’un déterminisme familial, un choix par les mathématiques[1], par l’échec, ou par défaut.

Ces choix, ou plutôt ces non choix ne sont pas graves en soi. Ils ne le deviennent que s’ils sont prolongés par d’autres non choix dans la suite de la trajectoire. Gérer sa trajectoire professionnelle c’est en quelque sorte augmenter nos capacités à choisir.

A partir de quel âge peut-on gérer sa trajectoire professionnelle ?

Mais dès l’entrée dans la vie active ! Certains ont fait des stages, ou étudié en alternance. Très souvent, ces opportunités ont été trouvées par relation, et c’était déjà très bien. Souvent un stage se prolonge par un CDD ou un contrat d’intérim, qui lui-même devient parfois un CDI. C’est parfait, cela permet à un jeune de faire ses premières armes.

Mais il est temps alors de se poser la question du métier et du secteur, au risque sinon de passer toute sa vie dans un domaine que l’on n’a pas vraiment choisi. Et on peut chercher à incurver sa trajectoire dès cet âge-là.

Puis, vers 30-35 ans, il faut donner la bonne accélération. On dispose alors d’une marge de progression encore forte en compétence et en salaire. On peut être chassé et dans ce cas, c’est assez simple. Mais ce n’est pas toujours le cas !

Gérer sa trajectoire professionnelle prend tout son sens à cette période où les années ont déjà permis d’accumuler de l’expérience et des compétences opérationnelles. C’est maintenant que l’on peut capitaliser sur les acquis et en acquérir de nouveau. Si à ce moment-là, on n’a pas le réflexe de définir où l’on veut aller, la suite peut se révéler décevante.

Et ainsi de suite, à chaque période de la vie … A 40 ans, pour booster encore sa vie professionnelle, à 50 ans, quand on s’aperçoit qu’on fait partie maintenant des « seniors », et même pour une retraite active !

Vous semblez dire qu’on peut vraiment piloter sa trajectoire professionnelle, comment faut-il faire ?

Il faut commencer par définir le métier que l’on veut faire, bien sûr. Pour certain, c’est clair, cela peut être de continuer sur sa lancée, ou bien d’incurver sa trajectoire de façon à y trouver davantage de satisfaction. Pour d’autres, c’est plus compliqué, ils doivent parfois prendre un temps de réflexion, par exemple en rédigeant leurs réalisations probantes[2]. Cette définition du métier peut se faire plusieurs fois dans la vie : on change, le monde change, nos premiers choix doivent souvent évoluer.

Il faudra aussi parfois se décider à investir dans une formation supplémentaire.

Et ensuite, alors, on répond aux annonces qui correspondent, c’est ça ?

Plus on est expérimenté, plus le poste recherché comporte de responsabilités et moins le recrutement se fera par annonce. Certes, les entreprises publient des annonces. Mais même dans ce cas, le recrutement se termine souvent par l’embauche de quelqu’un qui est arrivé par réseau. Pourquoi ? Parce que recruter, pour une entreprise, c’est toujours prendre un risque… Et que le réseau paraît souvent plus sûr au recruteur.

Lorsque l’on sait à peu près ce que l’on veut faire, il faut ensuite cibler les entreprises où l’on aimerait travailler, et le statut que l’on souhaite avoir : salarié, indépendant, intérimaire … Un ciblage proactif est la seule solution pour prendre part à ces recrutements réseau et au marché caché[3].

Le ciblage, qu’est-ce que c’est ? Faut-il cibler les entreprises ou organismes où l’on connaît quelqu’un ?

Non, justement, car ce serait très restrictif. On cible les entreprises où on a envie de travailler.

Cibler, c’est choisir une centaine d’entreprises, structures, business units, ou entités, dans le ou les secteurs d’activité qui nous intéressent et dans le secteur géographique qui nous convient. Des critères supplémentaires sont possibles : taille, culture de l’entreprise, etc …

Si notre première liste résultant de l’intersection métier/secteur/géographie ne nous permet pas d’atteindre une centaine d’entités, on élargit un ou plusieurs de nos critères. On peut, par exemple ajouter des secteurs connexes au nôtre, élargir un peu la zone géographique visée, ou cibler des sociétés de taille inférieure ou supérieure ...

Trop réduire cette liste de ciblage risque de nous mettre dans une situation de pénurie d’opportunités et de rallonger par conséquent notre temps de recherche.

Mais c’est énorme ! Et que faut-il faire après ?

Chercher tous les moyens réseaux réels ou virtuels pour entrer en contact avec les entités ciblées, en commençant par celles qui nous intéressent le moins pour faire nos premières armes. Des entretiens réseaux nous mettront petit à petit en contact avec deux ou trois entreprises de notre liste qui peuvent nous recruter.

Et là c’est gagné ?

Oh, pas tout à fait encore ! Car même par réseau, il faut gérer les entretiens avec des outils différenciants et bien « se vendre » ! Mais on est sur la bonne voie !

Et surtout, malgré les crises, les modes et les plans sociaux, il faut toujours avoir en tête qu’on peut piloter sa trajectoire tout au long de sa vie professionnelle …


Trajectoire Professionnelle


Consultante et psychologue psychanalyste, Sylvie Protassieff est diplômée de l’Executive MBA HEC. Elle intervient en entreprise dans la fonction commerciale, les projets transversaux, le management et les trajectoires professionnelles. Auteur de « Quadras et cadres », et « Le Marketing de soi »,  elle a créé le séminaire Marketing de soi pour HEC Alumni. Retrouvez ses différents blog spécialisés procléo, trajectoire professionnelle et psychologie.


[1] Choix par les mathématiques : ce qui se passe pour un adolescent bon en maths, à qui il est conseillé de choisir une filière S au lycée et qui y réussit. Il est alors encouragé à choisir une classe préparatoire scientifique et s’il y réussit, à passer des concours, qu’il peut encore réussir, et se retrouver ainsi dans une filière qu’il n’a pas choisie, de façon mécanique.

[2] Réalisations probantes : travail de réflexion permettant de dégager de son expérience professionnelle et de ses activités extra professionnelles les compétences techniques et comportementales dont on dispose. Cette méthode permet ensuite de trouver de nouvelles idées d’orientation.

[3] Se dit des recrutements qui se font sans qu’aucune annonce ni publicité en soit faite.

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